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Littératures minimales 


micronouvelles & twittérature


Dire l'essentiel sur un mode impersonnel, avec humour ou détachement et en quelques lignes - ou en 140 caractères...

Cet atelier s’adresse aux personnes intéressées :

  • par une écriture qui va à l'essentiel et qui fait bon ménage avec l'humour décalé et pince-sans-rire,

  • par la mise en place de contraintes et de propositions formelles stimulantes, 
  • par la transcription de nouvelles d'agences, de faits divers, d'évènements et autres histoires en un minimum de mots.

L’intérêt de cet atelier :

  • allier la cohérence et l'efficacité à la brièveté d'une forme littéraire,
  • dire sans décrire ni expliciter,
  • s'entraîner à pratiquer une écriture "impersonnelle",
  • s'efforcer de choisir un angle de vue original, étonnant, drôle ;
  • inventorier, partager et expérimenter des procédés de style simples et efficaces.

Déroulement :

  1. Présentation de l'atelier, mise à disposition de différentes ressources indispensables, présentation d'exemples et de quelques pistes de recherche ; 

  2. après un temps d'écriture - en dehors de l'atelier - discussion de vos propositions, de vos découvertes bibliographiques et de vos essais personnels ; 

  3. élaboration d'un blog (ou d'un dossier) sur un thème choisi en commun, présentation et choix d'outils d'édition ; utilisation de Twitter à partir d'un guide pour les non initiés ;
  4. mise en ligne de notre travail  après un temps consacré à la rédaction des premières brèves.


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Pour se faire une idée de la brièveté dans ce domaine et exercer sa plume :

Nouvelles en trois lignes

De mai à novembre 1906, Félix Fénéon, écrivain anarchiste, collabora au journal Le Matin. Il y tint une rubrique anonyme intitulée Nouvelles en trois lignes et où il transcrivait les nouvelles d’agences. L'humour de ces formes brèves a gardé toute son efficacité.

Extraits :

« Allumé par son fils, 5 ans, un pétard à signaux de train éclata sous les jupes de Mme Roger, à Clichy: le ravage y fut considérable. »

« Au faîte de la gare d’Enghien, un peintre a été électrocuté. On entendit claquer ses mâchoires, et il s’abattit sur la marquise. »

« On couronnait les écoliers de Niort. Le lustre tomba, et les lauriers de trois d’entre eux se teignirent d’un peu de sang. »

« Le Dunkerquois Scheid a tiré trois fois sur sa femme. Comme il la manquait toujours, il visa sa belle-mère: le coup porta. »

« Elle tomba. Il plongea. Disparus. »

« Mlle Paulin, des Mureaux, 46 ans, a été saccagée, à 9 heures du soir, par un satyre. »

« Madame Fournier, M. Voisin, M. Septeuil se sont pendus: neurasthénie, cancer, chômage. »

« Une machine à battre happa Mme Peccavi. On démonta celle-là pour dégager celle-ci. Morte.»

« Le syndicat de l’arsenal de Rochefort a décidé de présenter quatre revendications. Le refus? La grève. »

« Un flacon flottait. Mauritz, de Sèvres, se pencha pour le prendre et tomba dans la Seine. Il est maintenant à la morgue. »

« Séquestrées, martyrisées, affamées par leur marâtre, les fillettes du Brestois Joseph, enfin délivrées, sont squelettiques. »
 
« Derrière un cercueil, Mangin, de Verdun, cheminait. Il n’atteignit pas, ce jour-là, le cimetière. La mort le surprit en route. »

« Au lieu de 175 000 francs dans la caisse de réserve en dépôt chez le receveur des contributions directes de Sousse, rien. »

« Mme Olympe Fraisse conte que, dans le bois de Bordezac (Gard), un faune fit subir de merveilleux outrages à ses 66 ans. »

« Les femmes rouges d’Hennebont ont saccagé les vivres qu’apportaient aux ouvriers rentrés aux forges les femmes jaunes. »

« C’est au cochonnet que l’apoplexie a terrassé M. André, 75 ans, de Levallois. Sa boule roulait encore qu’il n’était déjà plus. »

« Un boeuf furieux traînait par la longe vers Poissy le cow-boy Bouyoux. Elle cassa. Alors ce boeuf démonta le cycliste Gervet. »

« Le feu, 126, boulevard Voltaire. Un caporal fut blessé. Deux lieutenants reçurent sur la tête, l’un une poutre, l’autre un pompier. »

« Sous des noms toujours neufs, une jeune femme se place comme bonne et vite file, lestée. Gain, 25 000 francs. On ne la pince pas. »

« MM. Deshumeurs, de La Ferté-sous-Jouarre, et Fontaine, de Nancy, se sont tués, en tombant l’un d’un camion, l’autre d’une fenêtre. »

« La cour de Nancy a condamné à quinze jours de prison et 200 francs M. Gosse, curé de Bennay, qui outragea le percepteur, à l’inventaire. »

 Le Matin de mai à novembre 1906

*

Christian Colombani, sur les traces de Fénéon, a publié des brèves et des récits en quelques lignes à partir de dépêches d'agences de presse. Deux ouvrages aux éditions Verticales : En vue (1999) et Variations saisonnières ( florilège de brèves de la période 2000-2001).

Extraits :

Des mains anonymes ont fleuri la tombe d’Oscar Wilde surmontée d’un sphinx dont les attributs, mutilés jadis par une vieille Anglaise, servirent longtemps de presse-papiers au conservateur du Père-Lachaise.

Mort dans sa quatre-vingt-dixième année, le peintre Eugène Leroy mettait parfois vingt ans pour achever un tableau.

Massimo d’Alema, président du conseil, venu officiellement restituer à la Libye une Vénus du IIe siècle confisquée par les fascistes, a reçu, en échange, des mains du président Khadafi, un vieux fusil volé à l’armée sous l’occupation italienne.

Luis Guzman, homme d’affaires portoricain, paiera le transport de «l’or blanc» offert par Wabush, ville minière du Québec, aux enfants pauvres des tropiques pour qu’ils apprennent à façonner des bonshommes de neige. 

Les autorités de Bangkok soupçonnent Prachaya Davi Tavedikul, ex-ambassadeur de Thaïlande aux Pays-Bas, d’avoir vendu sans permission son ambassade. Déjà, Kamitatu Massamba, ancien ambassadeur zaïrois, arrêté à Kinshasa l’an dernier, avait vendu la sienne lorsqu’il était en poste à Tokyo.

Un médecin afghan en exil confie aux médias américains: "Dans ses accés infantiles alternés avec des états dépressifs, le mollah Omar fait Vroum vroum au volant d'une voiture à l'arrêt. 

Au troisième jour de sa mort, vendredi, à Lima, le messie Ezequiel Ataucusi, fondateur de la Mission israélite du Nouveau Pacte universel - 800 000 fidéles et 4 562 églises au Pérou - n'est pas ressuscité, comme promis.

*

Du 15 avril au 8 septembre 2008, Jean-Louis Bailly, également dans la lignée de Fénéon, a recueilli sur un blog « 1209 nouvelles en 150 caractères » en réécrivant des dépêches provenant du monde entier.

Extraits :

Emule de Magellan, le cycliste Talleu, 26 ans, 1,80 m, barbe, lunettes, chemise à carreaux, disparaît à Bombay. La famille s'inquiète.

La bête se recommandant par sa discrétion, il fallut filmer nuitamment la vingtaine d'hippopotames pygmées qui fait désormais la fiereté du Libéria.

Sebastion Oliveira s'alarmait, au Brésil, d'ignorer encore les bienfaits de la littérature. A 101 ans, il s'alphabétisa, et rêve aujourd'hui de CE1.

On ignore qui, à Créteil, enflamma le local poubelles où l'on trouva lundi, également méconnaissables, conteneurs et cadavre fondus.

A Olympie ( Grèce), la police contrarie les Tibétains mécontents de la Chine qui y allumaient une flamme réprobatrice, et probablement bouddhiste.

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Twittérature : littérature & Twitter

Lettres :  jeu proposé par la Zone d'écriture de Radio-Canada : « Rédiger un tweet de rupture à l'occasion de la Saint-Valentin. »

Nouvelles : « 25 histoires en 140 ca. » A l'initiative du journaliste Fabien Deglise, du quotidien canadien Le Devoir25 écrivains francophones ont rédigé 25 nouvelles littéraires en un tweet : "(...) un format de 140 caractères, pas un de plus, espaces compris".

Poémes : le concours Haïku speed build 2013 : http://twithaiku.lacantine-rennes.net/

Institut de twittérature comparée :
www.twittexte.com

Guides et dossier à propos de Twitter - site Netpublic :

Guide de la twittérature et Guide Twitter pour les non initiés

Guide Twitter : premiers pas et utilisation pédagogique

Twitter comme outil pédagogique (dossier)