atelier de cosmographie

Des univers à portée de main

L'atelier de cosmographie vous propose de décrire des lieux connus de tous mais visités en suivant des chemins de traverse; il vous invite à présenter des mondes jusque-là inconnus ou tombés dans l'oubli; enfin il accueille vos collections de voyageur-inventeur dans des musées virtuels.

On lira de multiples fragments, de courtes fictions; des récits ou de carnets de voyage; des guides de voyage, des manuels de géographie, des articles d' encyclopédies d'hier ou d'aujourd'hui...

Quelques exemples en ligne
Dans l' archipel d'Az toutes les îles riment entre-elles. On les découvre au hasard et on les décrit dans l'esprit des insulaires de la Renaissance qui associaient à la réalité géographique la mythologie, l'imaginaire et des récits fantaisistes compilés au cours des siècles.
La ville d'Orbis se construit rue par rue, monument par monument, au fil des visites.
Le musée des Non-lieux  expose des objets souvent associés à des pratiques inconnues.

Pour animer l'atelier de cosmographie des livres à consulter et des sites à visiter dans la Zec

Quelques livres

Le dictionnaire des lieux imaginaires

d'Alberto Manguel, aux éditions Actes Sud. 

Un inventaire portatif de lieux et de peuples inventées par des écrivains.

Abaton :
Du grec a, privatif, et baino, je vais.
Ville à localisation variable. Personne ne l’a jamais atteinte. Les voyageurs en route pour Abaton errent pendant des années sans jamais réussir à jeter le moindre coup d’œil sur la cité. Un petit nombre, cependant, a eu la chance de la voir s’élever légèrement au-dessus de l’horizon, au crépuscule. Inexplicablement, cette vision leur a causé soit une grande joie, soit une douleur immense. L’intérieur d’Abaton n’a jamais été décrit. Les murs et les tours seraient soit bleu pâle ou blanc, soit rouge feu. Sir Thomas Bulfinch, qui aperçut les contours de la ville entre Glasgow et Troon, prétend que ses murs sont jaunâtres et qu’une musique qui ressemble à du clavecin s’échappe de l’intérieur des portes. Mais rien n’est moins sûr.

Sir Thomas Bulfinch, My Heart’s in the Highlands, Edimbourg, 1892.

Ailleurs : Voyage en Grande Garabagne; Au pays de la Magie; Ici, Poddema. d'Henri Michaux, Nrf-Gallimard, collection poésie.

Un atlas ethnographique qui recense  les us et coutumes de différents peuples de fantaisie, imitation d'un genre littéraire ancien comme  Henri Michaux le confiait à Jean Paulhan :
" Je viens de tomber de haut. Ai  lu la lettre du Prêtre Jean, le Livre du Trésor de Brunet de Latino... d'autres récits du Moyen âge et, l'humour mis à part, c'est tout à fait le style Grande Garabagne. Encore un livre que je n'aurais pas dû écrire."

  • Voyage en Grande Garabagne.
Les Bordètes.

Les commerçants y sont mis à mort, cette race abjecte étant capable de tout.
Comme il y a certaines difficultés parfois à se procurer des choses sans intermédiaire, il y a des marchandises déposées en certains lieux, dont on fait des parts pour qui en veut et qui le fait savoir.
Si le mot " commission" ou " bénéfice" était seulement prononcé, c'est à coups de fouet que serait châtié l'imprudent que sa bouche aurait trahi.

  • Au pays de la Magie.

En ouvrant un œuf  à la coque j'y trouve une mouche.
Du tiède jaune de l'œuf non coagulé, elle sortit, frotta ses ailes avec peine et s'envola lourdement.
Quelqu'un avait dû me faire cette plaisanterie. Dois-je en faire mention  ici ?  Est-ce digne du nom de magie ?     

  • Ici, Poddema.

"C'est combien, les lèvres ? "
Mais ma question demeura sans réponse, je faisais erreur, n'étant pas à Nioua, mais à Krioua, où le baiser est gratuit, expressément gratuit, si long soit-il.
Je n'y en ai d'ailleurs jamais vu que de court, simple et bien partagé.
Les étrangers se réjouissent de cet usage.
Les personnes en deuil sont exemptes du service du baiser. (...)

Les villes invisibles
d'Italo Calvino, traduit par Jean Thibaudeau, Le Seuil - Paris, 1974.

Marco Polo, de retour à Venise, dictera à son compagnon de prison ses souvenirs de son long voyage jusqu’en Chine. A l’inverse, dans les Villes invisibles, il raconte à Kubilaï Khan l’Europe et ses villes. Mais des villes anachroniques, celles de notre Europe contemporaine. Des villes fantasmées et aux multiples formes.
L’atlas qui se construit alors, est en fonction de ce que le Grand Khan imagine et contient également les cartes de terres visitées en pensée, non encore découvertes ou fondées. 

 Zec.fr

Cités de mémoire d'Hervé le Tellier - Anthologie de l'OuLiPo.
NRF, Poésies-Gallimard - 2009,  pp 54-63.
Nous voici enfin parvenu à Untara. Non sans nous sentir quelque peu ridicules, car nous déambulons dans la rue principale depuis plus de deux heures, sans même nous en être aperçus. C'est qu'à Untara, chaque habitation, comme chaque objet fait de main d'homme - des couverts aux lits - s'acharne à imiter la nature dans ses moindres détails, grâce à l'extraordinaire travail de la matière et des formes. (...)  
(p. 61.)

Pamukalie, pays fabuleux : guide d'un pays surréel. Eugène - éditions Autrement, 2003, 207 pages.

Ce pays imaginaire est situé précisément entre la Turquie et la Syrie.  L’ouvrage qui nous le fait découvrir se présente sous la forme d’un guide où l’on trouvera les renseignements pratiques utiles à son voyage : les adresses de musées, de restaurants, les lieux qui méritent le détour...

Poids et mesures :
" En 1865, le grand sultan Nüüs décida de remplacer les quarante-quatre systèmes métriques en vigueur dans son sultanat pour imposer une unité de mesure unique : son pied. Hélas, tout se compliqua, car il avait une jambe de bois. De plus, il détestait qu’on lui rappelât. Donc, les savants prirent les deux unités de longueur son broncher. Par ailleurs, comble de malchance pour les futurs visiteurs de la Pamukalie, lorsque Nüüs convoqua son ministre afin qu’il mesurât sa pointure, il tomba au douzième pas. Personne n’osa rire ou émettre une opposition. Si bien que le système métrique pamukal est le nüüs, composé d’un pas de 32 centimètres, alternant avec une jambe de bois de 12 centimètres de diamètres. Mais, au bout de ces douze unités alternées, on ajoute 1,67 mètre, c’est-à-dire la hauteur du sultan étalé sur les pavés. " (p.64-65).